Un serveur DNS traduit un nom de domaine en adresse IP, car il interroge de proche en proche une hiérarchie qui va de la racine au serveur faisant autorité. Le mécanisme repose en outre sur des caches à chaque étage, ce qui explique ainsi les délais de propagation et la plupart des pannes observées.
Le DNS est le système qui traduit un nom de domaine en adresse IP. En effet, sans lui, aucun navigateur ne saurait où envoyer sa requête, car les machines ne s'adressent qu'à des numéros. Cet article décrit le mécanisme réel, puis la façon de le configurer, et enfin ce qui casse quand il est mal réglé.
Cependant, le DNS souffre d'une réputation trompeuse. On le présente souvent comme un annuaire, alors qu'il s'agit en réalité d'une base de données distribuée, hiérarchique et mise en cache à chaque étage. Cette nuance explique ainsi la plupart des incidents observés sur le terrain, à commencer par les délais de propagation que personne ne comprend.
Par ailleurs, cet article suit un ordre volontairement technique. D'abord le chemin d'une requête, ensuite la zone et ses enregistrements, puis la configuration et ses pièges, et enfin la sécurité et le diagnostic. Chaque affirmation chiffrée renvoie de surcroît à une source publique, à savoir une RFC ou une documentation d'éditeur.
Définition
Le DNS : l'annuaire qui traduit les noms en adresses
Le DNS, pour Domain Name System, associe un nom lisible par un humain à une adresse utilisable par une machine. Néanmoins, réduire son rôle à cette conversion serait inexact, puisque le même système publie aussi les serveurs de messagerie, les clés de signature et diverses informations de service.
Pourquoi un nom de domaine ne suffit jamais, à lui seul, à joindre un serveur
Un nom de domaine n'est qu'une étiquette. De fait, il ne contient aucune information de routage, et il ne désigne aucune machine par lui-même. Seule la consultation du DNS permet d'obtenir l'adresse IP à laquelle le navigateur ouvrira ensuite une connexion.
Cette séparation est volontaire. En effet, elle permet de changer de serveur, d'hébergeur ou de pays sans changer l'adresse que vos clients tapent. À l'inverse, publier une adresse IP dans vos supports de communication vous enferme dans une infrastructure précise.
Ce que le DNS ne fait pas, alors qu'on le lui attribue pourtant
Le DNS ne transporte aucune donnée de votre site. Il n'héberge rien, il ne ralentit ni n'accélère les pages une fois la connexion établie, et il n'intervient plus après la résolution du nom. Par conséquent, un site lent n'est presque jamais un problème de DNS.
De même, le DNS n'authentifie pas le contenu servi. Certes, une extension de sécurité existe, et nous y venons plus bas. Toutefois, dans sa forme d'origine, le protocole fait confiance à la réponse qu'il reçoit, ce qui constitue sa faiblesse historique.
Déroulé
La résolution d'une requête : quatre serveurs qui se répondent
Passons maintenant au chemin concret d'une requête. Selon la documentation de Cloudflare, quatre serveurs interviennent dans une résolution complète, et chacun occupe une fonction distincte que la pratique confond souvent.
Le résolveur récursif, à savoir le seul interlocuteur direct de votre machine
Le résolveur récursif est celui que votre poste interroge. Il reçoit la question, puis il se charge d'aller la poser aux autres, et enfin il ne rend la main qu'avec une réponse ou une erreur. Autrement dit, votre navigateur ne parle jamais aux serveurs faisant autorité.
Ce résolveur appartient en général à votre fournisseur d'accès. Cela dit, beaucoup d'entreprises lui préfèrent un service public, notamment Google Public DNS sur 8.8.8.8 et 8.8.4.4, ou Cloudflare sur 1.1.1.1. Le choix modifie les temps de réponse et la politique de filtrage, mais il ne modifie jamais le contenu de votre zone.
Racine, TLD et serveur faisant autorité, soit trois étages de délégation
La hiérarchie se lit de droite à gauche. D'abord la racine oriente vers l'extension, ensuite le serveur de l'extension oriente vers le domaine, et enfin le serveur faisant autorité livre l'enregistrement demandé. Chaque étage ne connaît de ce fait que l'étage suivant, jamais la réponse finale.
La racine compte treize identifiants, de la lettre A à la lettre M, exploités par douze organisations dont l'une en gère deux, comme le documente la Root Server Technical Operations Association. En revanche, ces treize identifiants ne correspondent pas à treize machines, puisque chacun est diffusé en anycast depuis un grand nombre de sites répartis dans le monde.
Le cache, qui évite ainsi de refaire ce chemin à chaque visite
Presque aucune requête ne parcourt la chaîne entière. Le résolveur conserve effectivement les réponses pendant la durée indiquée par l'enregistrement, puis il les ressert telles quelles jusqu'à expiration. Ce mécanisme explique à lui seul la notion de propagation.
Le cache se superpose à plusieurs niveaux, notamment le navigateur, le système d'exploitation et enfin le résolveur. Par conséquent, vider le cache de votre poste ne change rien au cache du résolveur de votre fournisseur, ce qui déroute beaucoup d'utilisateurs lors d'une migration.
Champ couvert
La zone DNS : le périmètre que vous administrez
Une zone DNS est la portion de l'arborescence dont une entité assume l'administration. Elle regroupe notamment les enregistrements d'un domaine et, le cas échéant, de ses sous-domaines non délégués.
Ce que contient une zone et où s'arrête exactement sa responsabilité
La zone s'arrête à la première délégation. Dès qu'un sous-domaine reçoit ses propres serveurs de noms, il sort du périmètre de la zone parente et devient une zone distincte. De ce fait, une erreur commise dans la zone parente n'affecte pas nécessairement le sous-domaine délégué.
Cette frontière compte beaucoup en entreprise. En particulier, elle permet de confier un sous-domaine applicatif à une équipe technique sans lui ouvrir l'accès au domaine principal, et sans risquer que le site de production tombe à la suite d'une manipulation.
Le fichier de zone et l'enregistrement SOA qui l'ouvre toujours
Le fichier de zone est la forme texte de cette base. Il commence invariablement par un enregistrement SOA, à savoir Start of Authority. La RFC 1035 en fixe les champs, c'est-à-dire le serveur primaire, l'adresse de contact, un numéro de série, puis les valeurs de rafraîchissement, de nouvelle tentative, d'expiration et de minimum.
Le champ minimum a changé de sens. En effet, la RFC 2308 en a fait la durée de cache des réponses négatives, et elle observe que des valeurs d'une à trois heures fonctionnent bien, tandis que des valeurs dépassant une journée se révèlent problématiques. Beaucoup de zones héritées portent pourtant encore une valeur trop haute.
Inventaire
Les types d'enregistrements : à quoi sert chaque ligne
Chaque ligne d'une zone est un enregistrement de ressource. Le tableau ci-dessous récapitule en outre les types que vous rencontrerez réellement, avec le défaut de configuration qui leur est propre.
Type | Rôle | Exemple de valeur | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
A | Associe un nom à une adresse IPv4 | 192.0.2.10 | Une adresse changée sans baisse préalable du TTL laisse ainsi des visiteurs sur l'ancien serveur. |
AAAA | Associe un nom à une adresse IPv6 | 2001:db8::10 | Lorsque la machine visée n'a pas de service actif, le client subit un délai avant bascule. |
CNAME | Fait d'un nom l'alias d'un autre nom | exemple.fr | Un alias ne cohabite avec aucune autre donnée, si bien qu'il est interdit à la racine du domaine. |
MX | Désigne le serveur de messagerie entrante | 10 mail.exemple.fr | Un MX qui désigne un alias n'est pas conforme, si bien que certains serveurs le refusent. |
NS | Déclare les serveurs faisant autorité | ns1.exemple.fr | Des serveurs déclarés au registre alors qu'ils sont absents de la zone produisent des réponses incohérentes. |
PTR | Associe une adresse IP à un nom | mail.exemple.fr | Il se règle chez le titulaire de l'adresse IP, sauf cas particulier, et jamais chez le registrar. |
SOA | Ouvre la zone et porte ses paramètres | serveur primaire, contact, série | Un numéro de série non incrémenté empêche de fait les serveurs secondaires de se mettre à jour. |
SRV | Publie l'emplacement d'un service | priorité, poids, port, cible | Le nom repose sur des libellés techniques réservés, que toute saisie libre casse aussitôt. |
TXT | Porte du texte libre, notamment les politiques de messagerie | v=spf1 mx ~all | Deux enregistrements SPF sur le même nom invalident par conséquent les deux. |
Les enregistrements d'adresse et d'alias, à savoir A, AAAA et CNAME
A et AAAA sont les seuls à désigner une machine. Le premier porte une adresse IPv4, alors que le second porte une adresse IPv6. Les adresses employées ici relèvent des plages réservées à la documentation par la RFC 5737, de sorte qu'elles ne joignent aucun serveur réel.
Le CNAME, quant à lui, renvoie vers un autre nom. Toutefois, la RFC 2181 est formelle, puisqu'un nom porteur d'un alias ne peut porter aucune autre donnée, hors enregistrements de signature. C'est pourquoi un CNAME est impossible à la racine du domaine, laquelle porte obligatoirement ses NS et son SOA.
Les enregistrements de service, à savoir MX, TXT, SRV et NS
Le MX gouverne la messagerie entrante. Il s'accompagne également d'une valeur de priorité, la plus basse étant la préférée. Par ailleurs, la RFC 2181 précise que la cible d'un MX doit être un nom porteur d'adresse, et non un alias.
Le TXT sert aujourd'hui surtout à publier les politiques d'authentification du courrier. Effectivement, SPF, DKIM et DMARC s'y logent, et une erreur à ce niveau se traduit plutôt par des messages en indésirable que par une panne visible. Le sujet est ainsi traité en détail dans l'article consacré à SPF, DKIM et DMARC.
Mise en pratique
Configurer une zone : la manipulation et ses pièges
Venons-en désormais à la manipulation. Une zone se règle depuis une interface, mais cette interface dépend de qui héberge réellement vos serveurs de noms, ce qui n'est pas toujours celui que vous croyez.
Où se règle une zone, selon votre registrar et selon votre hébergeur
Les NS déclarés au registre déterminent l'interface qui fait foi. Lorsque vos NS pointent vers votre hébergeur, l'interface du registrar n'a plus aucun effet sur la résolution. À l'inverse, si vos NS restent chez le registrar, c'est son panneau qui compte.
Cette confusion est de loin la première cause de modification sans effet. D'ailleurs, un contrôle simple lève le doute, à savoir interroger les NS publiés pour votre domaine, puis vérifier qu'ils correspondent à l'interface que vous éditez. Un hébergement infogéré évite généralement ce flottement, puisqu'un seul acteur tient les deux bouts.
Le TTL, ou plutôt la valeur qui décide réellement du délai de propagation
Le TTL est une durée en secondes, et non un délai imposé par les registres. La RFC 2181 le définit comme un nombre non signé compris entre zéro et 2 147 483 647. Il indique en conséquence combien de temps un résolveur a le droit de conserver la réponse avant de la redemander.
Par conséquent, la méthode d'une migration propre tient en trois temps. D'abord abaisser le TTL plusieurs heures avant l'opération, ensuite basculer les enregistrements, enfin le remonter une fois la bascule vérifiée. Notons toutefois une limite, car Google indique dans sa foire aux questions que ses caches sont généralement bornés à six heures, même lorsque le TTL annoncé est plus long. Une migration de site internet se prépare de ce fait à l'avance, jamais le jour même.
Exemple de zone minimale pour un domaine de démonstration
Voici une zone réduite mais complète, pour un domaine fictif. Les adresses proviennent du reste des plages de documentation, et les durées sont exprimées en secondes.
Type | Hôte | Valeur | TTL |
|---|---|---|---|
A | exemple.fr | 192.0.2.10 | 3600 |
A | mail.exemple.fr | 192.0.2.25 | 3600 |
CNAME | www.exemple.fr | exemple.fr | 3600 |
MX | exemple.fr | 10 mail.exemple.fr | 3600 |
TXT | exemple.fr | v=spf1 mx ~all | 3600 |
NS | exemple.fr | ns1.exemple.fr | 86400 |
NS | exemple.fr | ns2.exemple.fr | 86400 |
Deux détails méritent l'attention. Premièrement, le sous-domaine de messagerie porte un A et non un alias, précisément afin de rester une cible MX valide. Deuxièmement, les NS portent un TTL plus long que les autres lignes, car ils changent rarement et leur mise en cache soulage la chaîne entière.
Acteurs
Les registrars en France : qui vend, qui gère, qui arbitre
Le vocabulaire du marché entretient une confusion utile à certains. Trois rôles distincts existent pourtant, et les mélanger conduit à s'adresser au mauvais interlocuteur le jour d'un incident.
La différence entre registre, bureau d'enregistrement et hébergeur DNS
Le registre gère l'extension, le bureau d'enregistrement vend le nom, l'hébergeur DNS sert la zone. Pour le .fr, l'Afnic tient le registre et accrédite elle-même les bureaux d'enregistrement, en vertu du droit français. En revanche, l'accréditation ICANN, souvent citée comme gage universel, concerne les extensions génériques et non le .fr.
Ces trois rôles se cumulent fréquemment chez un même prestataire, ce qui simplifie la facturation mais masque la répartition des responsabilités. Dès lors qu'ils sont séparés, il faut savoir lequel contacter, sous peine de perdre plusieurs heures lors d'une panne de site internet.
Choisir un bureau d'enregistrement et anticiper un éventuel transfert
Plusieurs acteurs couvrent globalement le marché français. Le tableau suivant en présente quatre, avec ce qu'il faut surveiller dans chaque cas.
Acteur | Périmètre courant | Site | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
OVHcloud | Noms de domaine, hébergement, messagerie | La zone se règle dans une interface distincte de celle du nom de domaine, de sorte que les deux écrans diffèrent. | |
Gandi | Noms de domaine, infogérance, confidentialité | Les serveurs de noms par défaut ne sont pas toujours ceux de l'hébergement souscrit, sauf demande explicite. | |
IONOS | Noms de domaine, hébergement, création de site | Les offres packagées verrouillent parfois la modification fine de la zone, si bien qu'un cas avancé coince. | |
Amen | Noms de domaine, hébergement, messagerie | Le renouvellement automatique doit être vérifié explicitement, car une expiration coupe tout le domaine. |
Un transfert ne s'improvise pas. Pour les extensions génériques, la politique de transfert de l'ICANN impose en effet un verrouillage de soixante jours après un changement de titulaire, et elle autorise le refus d'un transfert demandé dans les soixante jours suivant la création du nom. Ainsi, mieux vaut transférer avant d'engager une refonte, jamais pendant.
Cas particulier
La recherche inversée : quand on part de l'adresse IP
La résolution inverse part d'une adresse IP et cherche le nom associé. Elle repose de ce fait sur une arborescence dédiée et sur un type d'enregistrement unique.
Les domaines in-addr.arpa et ip6.arpa, puis l'enregistrement PTR
La recherche inversée n'est pas la lecture à l'envers d'un enregistrement A. La RFC 1035 définit en effet le domaine in-addr.arpa pour la correspondance d'une adresse vers un nom, l'équivalent IPv6 étant ip6.arpa. L'adresse y est écrite à l'envers, puis complétée par le suffixe.
L'enregistrement qui porte la réponse est le PTR. Toutefois, une zone inverse se gère chez l'opérateur qui détient le bloc d'adresses, c'est-à-dire chez votre hébergeur ou chez votre fournisseur d'accès. En d'autres termes, vous ne pouvez pas créer un PTR depuis l'interface de votre registrar.
Ce que la résolution inverse conditionne réellement pour la messagerie
Un serveur de messagerie sans PTR cohérent voit ses envois dégradés. De nombreux filtres vérifient de fait que le nom annoncé par le serveur expéditeur correspond bien au PTR de son adresse IP. Cette vérification est ancienne, mais elle reste appliquée.
En revanche, le PTR ne remplace ni SPF, ni DKIM, ni DMARC. De fait, il constitue un signal parmi d'autres, et son absence explique rarement à elle seule une mise en quarantaine. Pour des envois en volume, une configuration complète s'impose également, comme celle mise en place lors d'un projet de newsletter et emailing.
Limites
Sécurité du DNS : ce que le protocole ne protège pas
Abordons maintenant ce que le protocole d'origine ne protège pas. Le DNS a en effet été conçu à une époque où la question de la falsification ne se posait pas, et les extensions ajoutées depuis répondent chacune à un problème précis.
DNSSEC signe les réponses, mais il ne les chiffre aucunement
DNSSEC apporte l'authentification de l'origine et l'intégrité des données. La RFC 4033 l'énonce explicitement, et elle y ajoute également quatre types d'enregistrements, à savoir RRSIG pour les signatures, DNSKEY pour les clés publiques, DS pour la délégation de confiance et NSEC pour la preuve de non-existence.
Cependant, la même RFC précise deux limites que les argumentaires commerciaux passent sous silence. D'une part, DNSSEC ne fournit aucune confidentialité, et ce par choix de conception. D'autre part, il ne protège pas contre les attaques par déni de service, puisqu'il en introduit même de nouvelles formes.
DoT et DoH chiffrent le transport, non le contenu de votre zone
Le DNS classique circule en clair sur le port 53, en UDP comme en TCP. La RFC 1035 le fixe ainsi, et elle limite les messages UDP à 512 octets. La RFC 6891 lève ensuite cette limite avec EDNS, en suggérant 4 096 octets comme point de départ, puis un repli entre 1 280 et 1 410 octets si nécessaire.
Deux transports chiffrés existent désormais. D'abord DNS over TLS, défini par la RFC 7858, qui écoute sur le port 853. Ensuite DNS over HTTPS, défini par la RFC 8484, qui fait passer les requêtes dans une connexion HTTPS ordinaire. Néanmoins, ni l'un ni l'autre ne protège le contenu publié dans votre zone, car ils protègent seulement le trajet de la question et de la réponse. Ce volet relève par ailleurs du même travail que la sécurité et la conformité RGPD d'un site.
Dépannage
Diagnostiquer une panne : la méthode en quatre contrôles
Terminons par la méthode. Une panne attribuée au DNS se tranche en quelques vérifications, et l'ordre de ces vérifications évite justement de perdre du temps.
Les quatre contrôles à mener, et dans cet ordre précis
Commencez toujours par les NS publiés, plutôt que par l'enregistrement suspect. En premier lieu, vérifiez quels serveurs font autorité pour le domaine. En second lieu, interrogez directement l'un d'eux, ce qui court-circuite tous les caches intermédiaires.
Ensuite, comparez cette réponse avec celle d'un résolveur public. Si les deux diffèrent, le problème est un cache non encore expiré, c'est-à-dire une question de patience. Enfin, lorsque les deux concordent et restent fausses, la zone elle-même est en cause, et la correction se fait à la source. Un dispositif de monitoring et maintenance détecte du reste ces écarts avant vos visiteurs.
Les trois erreurs que l'on retrouve le plus souvent sur le terrain
La première est le TTL laissé à une valeur élevée avant une bascule. La deuxième est l'alias posé à la racine du domaine, que l'interface accepte parfois sans avertir, alors qu'il produit ensuite des réponses incohérentes. La troisième est la zone modifiée au mauvais endroit, à savoir chez le registrar quand les NS pointent ailleurs.
À ces trois cas s'ajoute une situation plus sournoise. En effet, un domaine expiré continue de répondre tant que les caches n'ont pas expiré, si bien que la panne semble arriver plusieurs jours après l'événement réel. C'est pourquoi la date d'expiration mérite une surveillance au même titre qu'un certificat, notamment au sein d'un audit technique périodique.
Sur le terrain
Cas d'usage
- Abaisser d'abord le TTL des enregistrements A, deux jours avant une migration de serveur.
- Vérifier ensuite quels serveurs de noms font autorité, sinon la zone sera modifiée sans aucun effet.
- Déclarer également SPF, DKIM et DMARC lors de la mise en place d'une messagerie professionnelle.
- Surveiller enfin la date d'expiration du domaine, car une expiration coupe le site et le courrier.
Vos questions
Questions fréquentes
Combien de temps dure réellement la propagation DNS ?
La durée dépend du TTL de l'enregistrement modifié, et de rien d'autre. Un TTL de 3 600 secondes signifie par conséquent qu'un résolveur ayant déjà la réponse la conservera au maximum une heure. Autrement dit, la propagation n'est pas un délai administratif imposé par un registre.
Toutefois, deux facteurs allongent cette durée. D'une part, certains résolveurs appliquent leurs propres bornes, et Google indique borner généralement ses caches à six heures. D'autre part, les caches du navigateur et du système s'ajoutent à celui du résolveur, si bien que l'utilisateur ressent un retard supplémentaire.
Pourquoi ne peut-on pas mettre un CNAME à la racine du domaine ?
Parce que la RFC 2181 interdit à un nom porteur d'alias de porter d'autres données, hors enregistrements de signature. Or la racine d'une zone porte obligatoirement son SOA et ses NS. Ces deux règles sont incompatibles, si bien que l'alias y devient impossible.
Plusieurs hébergeurs proposent cependant un contournement sous des appellations variées, qui consiste à résoudre l'alias de leur côté et à répondre un A. Cela fonctionne, mais cela vous lie à ce prestataire, puisque le mécanisme n'appartient pas au standard et ne se transfère donc pas tel quel.
Faut-il activer DNSSEC sur un simple site vitrine ?
Ce n'est pas indispensable, et il serait malhonnête de le présenter comme une urgence. En effet, DNSSEC protège contre la falsification des réponses, un risque réel quoique peu fréquent sur un site institutionnel sans transaction ni authentification.
En revanche, il devient pertinent dès qu'un domaine porte de la messagerie professionnelle ou des accès à des outils internes. Notons cependant un effet de bord, car une signature mal renouvelée rend le domaine injoignable, alors qu'une absence de signature ne casse rien. Le dispositif exige donc une surveillance.
Quelle différence entre un serveur DNS et un hébergeur web ?
Le serveur DNS publie l'adresse, tandis que l'hébergeur web sert les pages. Les deux fonctions sont souvent vendues ensemble, mais elles restent techniquement indépendantes. De fait, vous pouvez conserver votre hébergeur DNS actuel tout en changeant d'hébergeur web, et l'inverse est vrai également.
Cette indépendance a une conséquence pratique lors d'une refonte. Puisque la zone peut rester en place, la bascule se limite à modifier les enregistrements A et AAAA, ce qui réduit fortement le risque. Le choix d'un prestataire se prépare en amont, comme l'explique par ailleurs l'article consacré au fait de choisir son hébergeur.
Mon site est inaccessible, comment savoir si le DNS est en cause ?
Un test simple tranche généralement la question. Lorsque le site répond en joignant directement son adresse IP, le contenu est servi et le problème se situe dans la résolution du nom. À l'inverse, si l'adresse IP ne répond pas davantage, le DNS est hors de cause.
Ce test a cependant une limite qu'il faut connaître. En effet, un serveur mutualisé n'affiche pas votre site quand on l'interroge par son adresse IP, car il distingue les sites par le nom demandé. Dans ce cas, seule l'interrogation directe des serveurs faisant autorité permet de conclure, ce que couvre une prestation de support et gestion d'urgence.
Faut-il changer de résolveur DNS pour accélérer sa navigation ?
Le gain existe, mais il reste modeste et il ne concerne que la première connexion à un domaine non encore mis en cache. Globalement, un résolveur public rapide économise quelques dizaines de millisecondes par domaine inédit, ce qui se remarque peu sur un site déjà visité.
En revanche, ce changement a des effets qui dépassent largement la vitesse. Il modifie le filtrage appliqué, il déplace la visibilité de votre trafic vers un autre acteur, et enfin il peut contourner des restrictions internes à une entreprise. Ces conséquences méritent d'être arbitrées avant la bascule, car elles n'améliorent en rien les performances du site lui-même.
Ressources liées
Aller plus loin
- Création et refonte de site internet : le cadrage où se décident notamment l'hébergement et la bascule DNS
- Dépannage de site WordPress : lorsque le site ne répond plus et que la cause reste à établir
- Lexique du webmaster freelance : les termes techniques employés ici, définis ensuite un par un
- Référencement naturel : ce qu'une migration mal préparée coûte en visibilité, donc en trafic
- Webmaster expert WordPress : le périmètre d'intervention, en particulier sur un site déjà en production
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Conclusion
Le DNS n'est pas compliqué, il est seulement distribué. En effet, la quasi-totalité des incidents s'explique par un cache non expiré, par un enregistrement modifié au mauvais endroit, ou bien par une règle du standard ignorée.
Le test à vous appliquer tient en une question, à savoir si vous connaissez, sans chercher, les serveurs de noms qui font autorité pour votre domaine et l'endroit où se règle réellement votre zone. Lorsque la réponse hésite, votre prochaine migration prendra plus longtemps que prévu. Pour un projet de création de site WordPress ou une reprise d'existant, la question se pose en réalité dès le cadrage, et les modalités d'intervention sont publiées.
Action réalisable aujourd'hui : relevez d'abord le TTL de l'enregistrement A de votre domaine, puis notez le nom des serveurs qui font autorité. Ces deux informations suffisent ainsi à estimer le délai de votre prochaine bascule.


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